« Nuit de la Chouette revisitée 2026 », Tichos et Chouettes, 28 mars 2026
Tichos et chouettes
Manque de pot, les variations météorologiques du mois de mars ne sont pas à notre avantage et un bon millimètre de pluie est annoncée pour la sortie, couplé à une température bien basse... Mais bon, les cépobien·ne·s ont leur réputation, on maintient!
Nous nous retrouvons donc à la gare de St-Ursanne comme prévu. On se place devant les bâtiments et la barre rocheuse sur lesquels le Tichodrome se balade souvent, et on guette, sous nos parapluies, capuchons et autres bonnets. Sans trop d'espoir au début, entre les paroles d'un habitué croisé quelques secondes plus tôt qui nous a dit ne plus avoir vu le ticho depuis 10 jours, et la météo semblant dissuader même les oiseaux de sortir... d'ailleurs rien ne vole, quasiment rien ne chante. Mais sait-on jamais! Voilà justement quelques Hirondelles de rochers qui arrivent sous la pluie, cerclent deux ou trois fois puis se posent à l'abri de l'avant-toit juste devant nous. Elles entament leur toilettes, toutes gonflées pour se protéger du froid.
Alors qu'on commence de se demander combien de temps il est raisonnable d'insister, la voix de Claude s'élève dans nos dos, en contrebas: "il est là le ticho!". Heureusement qu'on ne regarde pas toujours tous dans la même direction! La petite troupe suit alors Claude sur le chemin passant sous le viaduc. On observe longuement l'oiseau papillon, un mâle en plumage nuptial. Il n'est pas très actif, ce qui laisse le temps de passer les uns après les autres derrière les longues vues pour l'admirer. Il finit par traverser le viaduc, on décide donc de nous aussi nous rendre à notre prochaine étape.
Déplacement en Ajoie, donc. Les GOs décident d'un repli stratégique aux observatoires de Damphreux, non loin des vergers initialement prévus. De quoi boire un thé chaud au sec tout en se mettant quelques barbules sous la lentille en attendant une heure un peu plus propice à l'activité des chevêches. Les cigognes nichent sur la colline de la Chèvre Morte et sur les mâts alentours, lançant de temps à autres leurs claquements de becs. Au bord de l'étang ouest, des étourneaux se nourrissent en une petite troupe... mélangée à quelques bécassines d'abord passées inaperçues. Les petits passereaux sont les plus actifs: les Bergeronnettes grises et les Tariers pâtres apprécient les fils des barrières, d'où ils chassent, voire chantent. Un Pouillot (prob. véloce) arpente les buissons en bord d'étang. L'Alouette des champs lance ses strophes excitées. Et la pluie finit par cesser. Quelques buses et milans finissent même par voler dans la grisaille.
Mais les troupes peinent à se réchauffer, et vu les conditions, la sortie ne s'éternisera pas tard cette nuit. Il est alors décidé d'allumer le feu et de réchauffer une soupe, accompagnée de pains et cakes salés concoctés par les GOs et entourages.
Ragaillardi·e·s par le potage et le feu lui-même, on prend la direction du verger une petite heure avant la tombée de la nuit.
Le verger est bien vieux ; les fruitiers sont bien noueux et semblent avoir plein de trous. Plusieurs nichoirs allongés ajoutent quelques cavités en plus. Le paradis pour les chevêches! Alors on guette, on scrute, on scanne. Un nœud dans une branche ressemble furieusement à une tête de chevêche ; un oiseau trapu semble perché au sommet d'un piquet... mais rien.
C'est vrai qu'on comprend les chevêches d'avoir envie de rester blotties au fond de leur cavité, par un froid pareil. On décide alors de marcher un peu dans le verger, mais nous retournons finalement bredouilles aux voitures. Quoique... pas tout à fait bredouilles! Un petit groupe a quand même entendu quelques cris de chevêches lorsqu'il était un poil à l'écart. Et une fois aux voitures, des silhouettes de chouettes ont été repérées dans le champ grâce à des jumelles thermiques (on n'arrête pas le progrès)! Difficile d'être sûr qu'il s'agisse de Chevêches, la taille étant dure à estimer ; mais ça semble tout de même probable.
Un dernier petit bout de gâteau et un dernier thé chaud, et la sortie s'arrête là. Espérons avoir plus de chance une prochaine fois! Quelques irréductibles s'arrêteront tout de même en route à la carrière du Grand-Duc en passant, mais lui aussi ne semble pas très enthousiaste avec cette météo ; silence radio, et retour au chaud.
Gauvain Saucy et Jeanne Schütz
photos : Gauvain Saucy

01: Sous le viaduc de St-Ursanne

02: Le Tichodrome sur ses arches

03: Repli à la tour d'observation à Damphreux

04: Un peu de chaleur bienvenue

05: Le choix est difficile entre les oiseaux et le feu

06: Les irréductibles scannent assidument

07: La soupe est chaude

08: De quoi reprendre des forces et du courage pour la suite

09: À la tombée de la nuit dans le verger
photos : Claude Wehrli

01 : Sous le pont CFF de St-Ursanne à l'abri pour observer le ticho sur le haut des voûtes du pont.

02 : Déplacement à Damphreux pour observer Cigognes et autres espèces par un froid glacial.

03 : Heureusement, nos jeunes organisateurs
avaient tout prévu avec un feu et une excellente soupe pour se réchauffer.

04 : A l'abri sous la tour d'obervation.
|